Dans ce blog, je vais essayer de montrer par des exemples, des entretiens, comment le design participe à l'innovation en santé.

mercredi 19 avril 2017

Un déambulateur simple et efficace

Un nouvel article sur le déambulateur, projet sur lequel j'ai longtemps planché, et je ne suis pas le seul ! D'ailleurs on attend toujours le déambulateur souhaité par Madame la ministre Delaunay.

Ce projet designé par Reut Meiri aurait pu convenir. "Iris Walker" est simple et fonctionnel. Il est léger, pliable et il y a un sac qui permet de déplacer les objets du quotidien et de les garder à portée de main.





La vraie difficulté de proposer un nouveau déambulateur, est qu'il soit fabricable et vendable selon les contraintes industrielles. Ce projet pourrai convenir, reste à voir la stabilité et le coût des matériaux.

J'ai déjà travaillé sur le sujet du déambulateur, et j'ai eu de longues conversation avec M. Herdegen notamment, fabricant de cannes et de déambulateurs (entre autres) avec une grande partie made in France ! Je sortais d'étude et rêvait de réinventer le déambulateur. La première problématique soulevée par les industriels fut le prix : un déambulateur doit coûter environs 9€ à la fabrication pour être revendu 18€ aux pharmaciens (et autres revendeurs) 53€. Ces 53€ sont intégralement remboursés par la sécurité sociale. L'industriel ne fait qu'une faible marge et ne peut que difficilement trouver un design nouveau. Et ce produit est remboursé par la sécurité sociale et peu de personne son prête à payer plus pour un produit normalement "gratuit" car la santé en France c'est "gratuit" pour un grand nombre de Français.

Le design doit prendre en compte toutes ces informations, le coût de fabrication bien sûr mais aussi la valeur perçue de l'objet. Il est difficile d'estimer la valeur d'un objet dans ces conditions, car c'est un objet dont on a pas envie et qui pourtant risque de nous accompagner encore longtemps... 


Plus d'informations sur le designer :
Plus d'informations sur l'entreprise Herdegen :

jeudi 13 avril 2017

Projets étudiants : Elise Caron / projet sur l'infertilité

Bonjour à tous,

Je vous présente Elise Caron designer industriel, sensible aux questions médicales et au milieu de la santé. Elle travaille avec moi au sein de MedicalDesign. En parallèle elle travaille dans un grand atelier collaboratif à Ivry sur seine, Le Techshop, où elle accompagne les projets.

Pour introduire son travail voici son projet de diplôme, qui date de 2014, mais qui apporte un regard de designer de service sur une question restée tabou : l'infertilité.



"Tout début de projet est une phase d'immersion, de prospection, de recherche, d'interviews. Que cela signifie t-il de concevoir un enfant sans faire l’amour, en dehors d’un foyer et entouré par le corps médical? Il est question ici de dépossession de son corps, de sentiment d'injustice et d'incompréhension. Les couples rencontrés lors de mes recherches étaient unanimes : le plus difficile n'est pas de traverser l'épreuve médicale et de subir les examens, les injections et les interventions. Le challenge des couples qui s'engagent dans un processus d'Assistance Médicale à la Procréation est de rester soudés, de communiquer ses sentiments et ses peurs, de garder le cap main dans la main et de trouver des personnes avec qui en échanger librement.


Le parcours est souvent long (18 mois à 8 ans) il est important pour les couples de pouvoir gérer leur quotidien d’un point de vue pratique mais aussi d’un point de vue émotionnel. Du côté du corps médical, les intervenants essayent du mieux qu'ils peuvent d'accompagner les couples lorsqu'ils sont à l'hôpital, mais le manque de temps reste problématique pour être véritablement à l'écoute.



Pour répondre à ces besoins, j'ai proposé le projet intitulé «La traversée». Ce service accompagne les couples grâce à trois outils. Un site web et une application mobile permettent aux conjoints de s'organiser, de gérer leurs rendez vous et leur posologie, mais aussi communiquer au jour le jour entre eux, avec le corps médical et avec d’autres couples en AMP ce qui forme une communauté de partage. Cela leur permet d’obtenir du soutient non pas uniquement à l’hôpital mais n’importe où et à n’importe quel moment, car l’AMP se vie au quotidien.



Le troisième outil, est un objet connecté à domicile : "Maurice". Interface physique de communication sensible, il ré-introduit de la chaleur dans un quotidien soumis à la rigidité de la médecine en délivrant des missives en papier. Il permet d’échanger d’une nouvelle manière et de dédramatiser. Le papier étant redondant dans les processus médicaux, l’objet joue avec cette matière et avec la liberté qu’elle implique pour permettre au couple de s’approprier ces missives et d’en créer du souvenir en les conservant, en les mettant sur le frigo...etc. La médiation se ferait idéalement par des spécialistes en santé, garant du bon fonctionnement du service.


Selon Elise, il est évident que le milieu de la procréation, de la gynécologie et de l'urologie sont des terrains encore relativement sauvage pour le design. L'ergonomie y est souvent débattue et intégrée mais la question de la sensibilité et de la pudeur est encore difficilement soulevée, par manque de présence de designer produit et de service dans ces milieux rudes mais riches. Encore une fois, le design permet d'apporter un regard global et neuf sur un système mais intègre surtout une part émotionnelle et intuitive qui ne peut être mise de côté lorsque l'on aborde un sujet aussi intime que sa capacité à faire un enfant. 
Mais que faire de cette idée de ce projet ?

Enfin, il est assez difficile pour les jeunes designer de propulser les idées du diplôme jusqu'à la réalisation concrète. Pour aller plus loin, il existe bien entendu les hackathons, les concours, les levées de fonds etc. Il est cependant dommage que les étudiants des écoles de design ne soient pas encore suffisamment sensibilisés lors de leurs cursus aux questions de business model et accompagnés lors de leurs études dans le développement concret de leurs projets pour promouvoir leur savoir et l'utilité de la pratique du design dans des milieux dont le besoin n'est plus à démontrer."
Ce travail est particulièrement intéressant car il est orienté patient. Elise a intégré la partie sensible que le design se doit d'apporter dans ses projets.
Je souhaitais revenir sur le dernier paragraphe. Effectivement l'information sur les business modèles, les statuts, la partie économique et droit du travail et des projets reste limitée pendant les études. Néanmoins je ne sais pas si c'est le plus important, car en effet, il s'agit des études, et les étudiants ne doivent pas être trop contraints. 
Par ailleurs, je regrette un peu cet engouement que l'on voit dans de nombreuses écoles (pas seulement de design) qui poussent leurs étudiants à monter des entreprises sur des projets de fin d'étude, c'est une aventure difficile qui ne correspond pas toujours au savoir faire du créatif. On en reparle bientôt ;)

jeudi 9 mars 2017

HHCamp et Challenge New Health

Bonjour à tous, je suis désolé, je n'ai pas eu le temps de faire plus de post ces temps-ci, mais promis, je vais me rattraper !

Comme tous les ans, auront lieu le Hacking Health Camp et le Challenge New Health. Cette année malheureusement, ces 2 événements tombent en même temps du 17 au 19 Mars. On manque souvent de designer dans ces événements alors inscrivez-vous !


Hacking Health Camp est un événement international sur 3 jours qui vise à briser les barrières de l’innovation en santé
Au programme des conférences sur le futur de la santé, de la formation sur les aspects techniques, légaux, médicaux et design en santé et le plus grand hackathon santé d’Europe pour concevoir des prototypes. Chaque jour, un événement crée un espace collaboratif entre professionnels de santé, patients, designers, hackers, makers et entrepreneurs. Un événement à destination de toutes les personnes intéressées par l’innovation en santé, inspirant professionnels de santé et professionnels du numérique sur leurs opportunités communes dans l’avenir de la santé.



New Health est une association indépendante dont la mission est de faire émerger et d’accompagner l’innovation en e-santé. Leur process est conçu pour aller chercher l’innovation à sa source et fournir l’environnement adéquat à son développement, jusqu’à permettre son implantation dans le système de santé.


Pour ce faire, ils organisent leur Challenge d'Innovation du 17 au 19 mars prochain. Ce Challenge est une compétition qui sélectionne les meilleurs projets e-santé afin de leur donner accès au Hub New Health et son programme d'accompagnement. Cet événement est conçu pour réunir professionnels de santé, patients, ingénieurs, développeurs informatiques et designers afin qu'ils collaborent et réalisent ensemble des solutions innovantes en santé.





Tu es développeur ou designer ? Alors viens aider des médecins et patients qui ont des idées pour améliorer la Santé en concevant une solution adapté aux besoins et usages grâce à ton savoir faire. Pas d'inquiétudes des mentors sont la pour t'aider aider au besoin.

Pour participer au Challenge d'Innovation, rend toi sur le site de l'événement : challenge.newhealth.fr
Pour toute information complémentaire vous pouvez contacter son président: Jonathan Bigaignon - jbigaignon@newhealth.fr






Je ne pourrai malheureusement pas être présent aux 2 événements, et même si ces deux événements diffèrent dans leurs modalités, leurs partenariats, dans une certaine vision de l'innovation. J'aimerai voir des rapprochements entres ces événements et les autres qui se multiplient. Car plus on est, plus l'innovation est plus créative !

mercredi 7 décembre 2016

à voir, à lire, à faire ... Une série, une bd et un musée

Un nouveau poste de "à voir, à lire, à faire" pour présenter une série, une bande dessinée et un musée.

à voir : 
merci à Sebastien Letélié qui lors du dernier Hacking Health Camp à Strasbourg nous a parlé de cette superbe série : the Knick


"À l'hôpital Knickerbocker de New York, au début du xxe siècle, époque où les antibiotiques n'existent pas encore, les chirurgiens et les infirmières doivent repousser les limites médicales alors que le taux de mortalité a soudainement augmenté.
Le Dr John Thackery (inspiré de William Halsted), récemment nommé à la tête du service de chirurgie, est rejoint par le Dr Algernon Edwards (inspiré de Marshall Taylor et Louis T. Wright, diplômé de Harvard et ayant pratiqué en Europe. Alors que le premier se bat contre ses addictions pour atteindre ses ambitions de grandes découvertes médicales, le second doit lutter contre les préjugés raciaux et gagner le respect de la population majoritairement blanche de l'hôpital et de la ville." (Wikipedia)


Dans cette série, ce que j'adore, c'est la manière dont les personnages inventent et préparent la médecine de demain, l'arrivée de la radiographie, les premières césariennes, mais aussi les découvertes de l'aspirateur qui modifié permet d’aspirer le sang lors d'opérations... plein d'autres découvertes liées à l'histoire. La manière d'enseigner y est aussi très intéressante !

Les similarités sont nombreuses avec le monde d'aujourd'hui notamment que de nombreuses inventions viennent de l'intérieur de l'hopital mais également de l'extérieur !


Il est toujours amusant de voir que de nombreux outils n'ont presque pas évolué depuis près d'un siècle !


à lire: la bande dessinée Hôpital Public





Je suis tombé sur cet ouvrage chez "Storybulle" mon libraire BD. Je ne savais pas du tout de quoi cela allait parler. La BD est faite de témoignages du personnel du CHU de Nantes, agents de service, infirmiers, aide soignants, médecins, ... On replonge dans le côté humain d'un hôpital qui est essentiel dans la réalisation d'un nouveau produit. Un récit marquant, qui pousse à la réflexion sur l'avenir de la santé en France.
J'insiste souvent avec mes clients sur l'observation des "praticiens hospitaliers" et j'insiste sur les autres personnes que le médecin qui sont parfois oubliées. Plus que des rouages essentiels du soin, pour avoir travaillé en tant que faisant fonction d'aide soignant, je trouve que les infirmières, les aides soignants ou le personnel d'entretien sont aussi l'âme d'un hôpital, souvent au plus proche des patients et de leurs familles.




et enfin à faire : le musée d'histoire de la Médecine, 


Il semblerai qu'il y en ai plusieurs en France, moi j'ai visité il y a quelques année celui de Paris. On le trouve dans l'Université Paris-Descartes métro Odéon, même en sachant cela, il n'est pas évident à trouver, mieux vaut demander son chemin.



Une fois à l'intérieur, le lieu est magnifique, ne vous fiés pas à la porte d'entrée. Dans la galerie, on trouve une collection d'objets plus impressionnants les uns que les autres, mais tellement intéressants, depuis quelques temps, j'ai moi même commencé une collection d'objets de santé anciens, une collection gigantesque qui compte à peu près 6 objets ! Je jalouse secrètement la collection d'Uwe Diegel ancien CEO de iHealth.



https://www.univ-paris5.fr/CULTURE/Musee-d-Histoire-de-la-Medecine 

mercredi 2 novembre 2016

Le Concours Fablife / le defi E-Fabrik' / l'Atelier S'adapte

Bonjour à tous, je voulais vous parler d'un superbe site/concours : Le concours Fablife.
Je vais avoir l'impression d'écrire comme sur un "vrai blog" mais voilà : J'ADORE !!!




Le principe est tout simplement GÉNIAL : proposer en ligne des objets faisables par tous pour tous. A l'origine appelé Papa bricoleurs, Maman astucieuses (et inversement aurait-on pu ajouté), le site FABlife propose à tout un chacun de mettre en ligne leurs inventions et de les partager. Ces inventions ont pour objectif d'améliorer le quotidien des personnes en situation de handicap et de leur proches.



Ces inventions sont proposées au public et à un jury alors n'hésitez pas à voter. Par ailleurs, je voulais féliciter Harvey Stevenson qui est l'illustrateur qui s'occupe de présenter tous les projets.



Toute cette démarche est proche du projet E-Fabrik auquel je participe et qui propose de mettre en relation des jeunes, des personnes en situation de handicap et des Fablabs pour qu'ensemble, ils puissent faire un objet pour aider les personnes en situation de handicap. Pour tout ceux que ça intéresse, la saison 2 commence maintenant !


"Le défi E-FABRIK' saison 2 c'est parti ! Vous avez entre 18 et 30 ans, vous habitez en Ile-de-France et vous souhaitez utiliser votre imagination et votre créativité pour être utile à une personne en situation de handicap ? Alors, le Défi E-FABRIK' est pour vous ! Venez imaginer, prototyper et construire un objet pour et avec une personne en situation de handicap !"


Et enfin, je vous invite à voter pour la table à langer de l'atelier s'adapte superbe association qui vise "à promouvoir des solutions d’adaptation du quotidien (objets et environnement), pensées et créées à la mode open source." Cette table a pour objectif d'aider tout un chacun à pouvoir s'occuper et surtout langer leur bébé facilement. 


Pour voter :





Pour plus d'information : 
http://www.concoursfablife.org/
http://www.efabrik.fr/defi/
https://lateliersadapte.org/

jeudi 27 octobre 2016

Les projets d'étudiants / Coralie Coué : le soin, la maladie chronique

Parfois lorsque je travaille sur un projet, je dois chercher des existants sur Internet, j'essaye d'aller le plus loin possible et de sortir du champs des recherches et je tombe sur des projets d'étudiants ou d'anciens étudiants. Ici c'est le scénario d'usage qui a été repensé et qui a retenu mon attention, dans ce projet, de nombreuses notions liées au design et à la santé interviennent...

Je vous présente donc Coralie Coué, designer produits, diplômée d’un BTS Design produits au Lycée Raymond Loewy de La Souterraine (c'est pas de ma faute si des projets intéressants émanent de cette école ;) puis d’un DSAA Design mention Produit au LAAB de Rennes en 2014 où elle a réalisé ce projet de fin d’étude qui questionne la relation soignant-soigné et le soin dans le cadre de maladies chroniques.

"Dans le cadre d’une maladie chronique plus particulièrement de l’hémophilie : une maladie hémorragique héréditaire impliquant un soin technique et exigeant en contact avec le sang, le malade est contraint à un suivi médical quotidien mit en péril par une prise en charge médicale inadaptée au besoin du patient entraînant tensions et refus de soin. En constatant qu’aujourd’hui, le soin ne suffit plus, et le prendre soin devient nécessaire pour pallier à cette souffrance psychologique ressentie chez les malades atteints de maladies chroniques. J’ai souhaité, en tant que designer, accompagner, enrichir et démocratiser l’Éducation Thérapeutique des Patients (ETP), une pratique médicale émergente mise en place par le système de santé pour former les malades atteints de maladies chroniques à des gestuelles de soins habituellement effectuées par le personnel médical. 


L’enjeu de ce projet est de répondre aux nouveaux besoins du soignant visant un apprentissage pédagogique pour le malade. Mais aussi de permettre au patient non-expert de devenir acteur de sa santé afin de promouvoir une autonomie mesurée et performante. Le tout afin de privilégier le suivit de soin qualitatif.

Le design médical est un milieu complexe où nous sommes en tant que designer non-expert et rarement la cible de nos projets. Ma collaboration avec le Centre Régional de Traitement de l’Hémophilie du CHU de Nantes, où j’ai pu rencontrer des malades et des spécialistes, a été indispensable pour appréhender de vraies problématiques et sortir des stéréotypes. 
D’autre part, il me semble important de construire avant tout notre projet pour les personnes, en prenant en compte leurs envies, leurs goûts et leurs désirs. Ainsi, les objets ne répondront plus seulement d’une esthétique technique et anxiogène et seront mieux acceptés et mieux utilisés par les patients.


Dans la santé, au premier abord, l’approche d’un créatif semble inadaptée voire incompatible. Pourtant, les recherches dans le domaine du design permet d’établir des réflexions sur de nouveaux modes de soin, de faire émerger de nouvelles façons de penser, d’ouvrir l’esprit novateur et de répondre à réels besoins autant techniques qu’humains. Le design est capable d’apporter un regard global, questionnant aussi bien les enjeux sociaux, psychologiques, qu’ergonomiques.


Aujourd’hui, développer les projets de design dans le domaine de la santé est indispensable pour répondre aux besoins des patients. Pour autant, le design ne doit pas s’arrêter à l’élaboration technique de nouveaux produits en écartant le personnel médical mais, doit au contraire garantir une collaboration solide entre le soignant, l’objet et le soigné."

J'ai peu de chose à rajouter, j'ai laissé beaucoup de texte car Coralie résume très bien l'impact que peut avoir le design dans la santé. Dans son travail elle place non pas le patient au cœur du projet, mais le soin dans le quotidien, c'est à dire un soin adapté au "chez-soi" et par soi même. Ce qui est selon moi la meilleure chose pour une personne souffrant d'une maladie chronique.

SI vous voulez en savoir plus sur Coralie, si vous avez besoin de compléments d'informations, n'hésitez pas à la contacter et a visitez son site : 

lundi 24 octobre 2016

Design, écologie et Santé

Voilà, ça faisait déjà quelques temps que la problématique de l'écologie dans le domaine de la santé me préoccupe et je profite de la formation proposée par Lieu du Design sur l'éco-design, pour aborder ce sujet.


  
De plus en plus, dans les services de chirurgie, de réanimation, de radiologie interventionnelle et même de gériatrie, on veut du jetable ! C'est plus pratique et plus sûr en terme de stérilité car on a l'assurance du produit sorti direct de son emballage. C'est même souvent moins coûteux que la gestion d'un service de stérilisation, et c'est  aussi l'assurance d'avoir l'outil à portée de main à tout moment.


On les plébiscite dans les blocs opératoires car ils sont tout aussi fiables que les produits stérilisables. Dans les bureaux d'études, ils sont également préférés, car gérer la possibilité de stériliser est bien plus complexe. La gestion notamment des flux d'eau pour bien nettoyer le dispositif, les problématiques de jointure pour éviter les creux et les micros aspérités, le choix limité des matériaux (frustrant pour le designer également), sont autant de paramètres qui rendent la réalisation d'un produit stérilisable plus difficile.

Le problème de tous ces objets jetables est où vont-ils ? Ce sont des produits dit "contaminés" (qui ont pénétré l'intérieur d'un corps et/ou qui ont été en contact avec des produits toxiques), ou dangereux (piquants) ils sont placé dans des poubelles -jaunes dans les hôpitaux français- et sont acheminées pour être incinérés, et/ou enfouis sous-solIls sont souvent multi-matière et donc non recyclables. Ils utilisent pourtant des matériaux nobles, cher et rares.


Listing des différents types de déchets :
- les déchets domestiques : qui provient de la salle de soins, de bureaux, des cuisines…, assimilées à des ordures ménagères
- les déchets d’activités de soins à risque infectieux, dits DASRI
- des pièces anatomiques d’origine humaine
- les déchets radioactifs : en médecine nucléaire par exemple : produits d’injection à l’iode I131 lors d’une scintigraphie osseuse
- les objets piquants, tranchants, souillés : aiguilles, cathéter, pointes pour glycémie capillaire…

Dans les services de gériatries, les problématiques sont surtout d'ordre hygiéniques et de protection du médicament. En effet, les médicaments sont placés dans des piluliers : ils ne devraient pas, mais ils sont souvent déconditionnés. Il faut donc laver régulièrement ces piluliers. A domicile, ces mêmes problématiques ne sont plus à démontrer. Elles entraînent des problèmes de dosages (comme lorsqu'un morceau de médicament est resté dans le pilulier la semaine passée par exemple). On se tourne alors vers du jetable. Beaucoup plus pratique et plus hygiénique, ces objets jetables ne sont pas forcément plus polluants si on prend en compte qu'il faut changer régulièrement les piluliers "en dûr". Le reconditionnement s'effectue en Pharmacie où le recyclage des médicaments est connu et mis en place par Cyclamed.


Enfin, il y a les objets de rééducation type orthèses, déambulateurs, fauteuils ou tous les produits réutilisables qui sont souvent jetés ou parfois revendus sur "leboncoin" (alors qu'il ont été partiellement ou totalement remboursés mais c'est un autre débat, autant que ça serve). Des associations se proposent de récupérer ces produits et de les redistribuer dans les pays en voie de développement. La location de ces objets se développe et il semblerai que ce puisse être bonne une solution écologique mais aussi économique.

Dans toutes ces catégories d'objets, il existe des filières de traitement des déchets : traditionnelle pour les particuliers et une partie des déchets hospitaliers et particulière pour les déchets à risques infectieux. Reste à savoir si il est vraiment bon pour la santé d'incinérer tous ces produits...



Grâce au Lieu du Design, j'ai participé à la formation sur l'éco concéption et je me dois de nuancer mon propos, en effet, les calculs sur l'impact environnemental sont assez complexes, ils prennent en compte toute la vie du produit et c'est pour cela que selon les calculs, un objet stérilisé sera plus énergivore dans le cycle de vie d'usage du produit sur un an que certains produits jetables (surtout si la stérilisation se fait en externe = attention transport !) Mais sans avoir fait l'analyse du cycle de vie de ces produits, j'ai l'intime conviction qu'il y a beaucoup à faire dans le domaine de la santé, que le principe de sécurité ne doit pas être une excuse pour ne pas faire attention à l'environnement. Par ailleurs, on remarque que souvent, le développement de produit éco-conçus, correspond souvent à des économies de développement pour le fabricant et le client.

Pour information, la formation du Lieu du Design en éco-conception sera re-proposée le 28 et 29 Novembre. Donc inscrivez-vous !



Par ailleurs, le Lieu du Design propose le mardi 8 novembre 2016 une conférence sur le "Financement de l’innovation et de la R&D - focus sur les entreprises du médical."

+ Liens vers les formations du Lieu deu Design en Santé :
http://www.lelieududesign.com/actualite/formation-en-eco-design-pour-les-entreprises-du-secteur-medical
http://www.lelieududesign.com/actualite/financement-de-l-innovation-et-de-la-rd-focus-sur-les-entreprises-du-me-dical

Pendant la formation nous avons utilisé 
L'écolizer : un nuancier qui permet de faire rapidement une analyse de cycle de vie
http://www.base-impacts.ademe.fr/ : une plateforme Internet gratuite 

+ Nos formateurs :
Christophe ROBIN Responsable service éco-conception & économie circulaire à la CCI des Landes
christophe.robin@landes.cci.fr      www.landes.cci.fr

Loïs MOREIRA Ingénieur conseil Eco-Conception & Communication Environnementale Produits au Pôle Eco-Conception et Management du Cycle de Vie
lois.moreira@eco-conception.fr     www.eco-conception.fr

+ plus d'info sur le traitement des déchets à l'hôpital :
 https://www.icrc.org/fre/assets/files/publications/icrc-001-4032.pdf
(c'est long mais c'est très intéressant !)
http://dechets.hospitaliers.free.fr/123.htm (plus court et plus concis, bravo aux élèves sages-femmes de Nancy)